Une information à savoir cependant, pour ne pas oublier le département qui paye le plus lourd tribut au loup depuis 1992 : si globalement le nombre de victimes est en baisse, dans les Alpes-Maritimes ce chiffre a doublé depuis les sept mois correspondant de 2011 ! ]
Ensuite il est certain que les propositions des JA (et des autres syndicats) seront examinées avec attention, le but étant de répondre positivement à quelques aspects logiques dans la ligne de « comment mieux vous aider à protéger vos troupeaux », là on vous accordera certainement quelques broutilles !
La journée se terminera par une intervention (au Muséum d’Histoire naturelle) d’un « expert international », qui nous semble être de nationalité norvégienne, pour évaluer «Les
modalités de suivi de la population de loups en France ». Pourquoi aller chercher ce personnage ? Si vous posez cette question vous trouverez la réponse ! Pourquoi ne pas faire appel au Cerpam, à l’ONCFS. Il faudra même vérifier si ce monsieur n’est pas celui auquel fait référence Le Parc national du Mercantour pour démontrer que le loup n’est pas dangereux pour l’homme, en ignorant superbement la position de l’historien français JM Moriceau (voir bas de page 3) ! Nous pensons qu’il faut se méfier des experts internationaux, sont-ils écologistes ou experts ? Il en est de même des scientifiques partisans, type François Moutou (le copain de la buvette des alpages) qui affirme des « vérités » sans aucune preuve (dégâts dus aux chiens, par exemple).
2°) Dans le quotidien national
Libération du 14 août Voici ce que déclare Éric Marboutin, ingénieur à l’ONCFS, convié à la réunion du 31/08 : « Ce qu’on observe en Lozère, où le loup est arrivé récemment, c’est ce qu’on appelle le
primo-choc. Non pas que l’on s’habitue jamais au loup ou qu’on l’accepte, mais dans le Mercantour par exemple les réactions aux attaques sont moins virulentes et, dans les Alpes les éleveurs ont adapté leurs pratiques. Ils ont acquis des chiens de protection … ».
Tout est dit : après le « primo-choc », ils s’adaptent.
En outre, nous ne sommes pas du tout certains que dans le Mercantour les réactions aux attaques soient moins virulentes. Enfin ce « primo-choc » fait penser à la « primo-infection » qui en termes médicaux immunise l’individu, le protège de la maladie. Peut-être aussi, cet ingénieur pensait-il à la phrase du grand écologiste qui déclarait : «
La terre est un organisme vivant dont l’homme n’est rien moins qu’un virus» ?
3°) Dans les Hautes-Alpes, le préfet a rencontré les JA suite à plusieurs attaques de loups dans le Dévoluy et a déclaré à la presse : «
Je suis à votre écoute, pour moi le pastoralisme est un volet très important … Quand cela est nécessaire j’autorise des tirs de défense en conformité avec les directives. Le protocole loup sera en révision en septembre, je ferai remonter vos inquiétudes». (Le Dauphiné du 14/08).
Nous relevons que c’est en septembre qu’il y aura des discussions, c’est d’ailleurs à cette époque que Delphine Batho, ministre de l’écologie, a dit vouloir engager une réunion de
concertation. Alors, on peut se poser la question de l’intérêt de la grand messe du 31/08.
4°) Dans les Alpes de Haute Provence, la zone la plus touchée cette année est la région des Monges. Nous vous prions de lire attentivement et intégralement l’article joint ici (La Provence du 14/08).
Vous y trouverez, avec l’élevage de la famille Maurel, une préfiguration de ce qui attend tous les éleveurs : des mesures de protection efficaces, coûteuses, qui permettront de déclarer que le loup ne pose plus problème.
Nous pensons tout simplement qu’il est honteux d’en arriver là, c’est le monde à l’envers on met des centaines d’animaux domestiques en cage pour les protéger d’un animal sauvage !
Plus tard on vous subventionnera des miradors. Accepteriez-vous cette solution ?
Devant toutes ces perspectives peu réjouissantes pour le monde du pastoralisme – à notre avis -, à la lueur de notre courte expérience (puisque notre association n’a pas encore un an d’existence) mais parce que nous avons réussi quelques opérations de communication, permettez que nous puissions vous dire :
- Il doit être fini le temps où, année après année, vous présentiez vos doléances à l’administration en démontrant que le nombre d’attaques, comme celui des victimes, allait croissant, alors même qu’un nombre plus important d’éleveurs s’engageait à prendre les mesures de protection préconisées. Vous ne le pouvez plus, il y moins de victimes en 2012 qu’en 2011 !
- Il faut changer de discours et profiter du mot CHANGEMENT largement utilisé durant la dernière campagne présidentielle. Stop, depuis 10 ou 15 ans vous avez fait preuve de bonne volonté, ce fut lourd, contraignant en temps, en qualité de vie, en argent, en perte de biodiversité (regroupements nocturnes), ça ne peut plus durer.
- Vous pouvez légitimement exiger la révision de la Convention de Berne, cela ne dépend que d’une volonté politique. Depuis 2009 le loup a été retiré de la liste des espèces menacées d’extinction en France.
- Vous devez demander un entretien direct avec la nouvelle ministre de l’Écologie, Delphine Batho, et vous présenter devant elle unis et solidaires.Vous pourrez lui dire que jusqu’à présent, et depuis longtemps, ce sont les hauts fonctionnaires de son ministère qui définissaient la politique relative à la prédation, il faut un CHANGEMENT.
Vous lui expliquerez qu’au moment où certains prévoient que la moitié de la population vivra dans des villes, il vaut mieux conforter ceux qui sont attachés à leurs terres.
Vous lui direz que vous demandez une régulation efficace et indispensable – département par département, secteur par secteur -, plutôt qu’un quota, absurde et sans aucun sens, de loups à prélever au niveau national.
Vous lui démontrerez que le coût total du loup pour la France est plutôt de l’ordre de 20 millions d’euros, alors que l’administration laisse dire « 7 à 8 millions ».
Vous la mettrez en garde de ce qui peut arriver avec une pullulation des loups non maitrisée.
Vous lui expliquerez que José Bové n’a dit rien d’autre que ce que Nicolas Vanier (Un très, très grand amoureux du loup) avait déclaré en septembre 2011, et qu’heureusement il y a des écologistes lucides.
Vous lui expliquerez que de multiples études prouvent que la biodiversité est supérieure dans les montagnes pâturées, par rapport aux alpages abandonnés.
Vous lui montrerez qu’en 2004 il y a déjà eu une « rémission » dans les attaques, comparable à celle des premiers mois de 2012, mais que la prédation n’a fait que croitre.
Vous lui direz que vous êtes des travailleurs de la terre et que vous ne réclamez rien d’autre que le respect de votre travail, et la reconnaissance de son intérêt écologique et socio-économique dans les zones de montagnes.
Vous lui demanderez un CHANGEMENT DE POLITIQUE, des ÉCONOMIES pour l’État et pour vous une vie NORMALE, comme avant la réintroduction des loups.
Appuyez- vous sur les déclarations de José Bové :
http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/natureenvironnement/
20120808.AFP5187/bove-les-eleveurs-doivent-etre-au-coeur-de-laconcertation-
sur-le-loup.html
N’abordez que ces aspects généraux, humains et écologiques.
Nous ne sommes pas à votre place, nous n’avons aucune prétention, nous voulons simplement vous donner notre sentiment. Ensuite, faut-il que vous participiez à la réunion du 31 août à Paris ? Ce n’est pas à nous de le dire, nous n’avons aucune pratique de ce type de réunions.
Le bureau de l’association
Le 17 août 2012
Lettre du directeur du Parc national du Mercantour à l’association :
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